L’ÉGLISE SAINT-MARTIN DE TAINGY

Construite au début du XVIème siècle dans un style gothique flamboyant propre à un grand nombre de sanctuaires de la région, l’église Saint-Martin de Taingy se trouvait, quatre siècles plus tard et malgré quelques aménagements, dans un état de délabrement dramatique. Un décret du 12 décembre 1908 la déclara en état de désaffection.

Entre mai 1909 et février 1910, la vente de l’édifice à la comtesse de la Breuille fut envisagée. Une lettre du Président du Conseil, également ministre de l’Intérieur et des Cultes, précisait le 6 août 1909 qu’en ce cas la commune conserverait la propriété et la jouissance de l’horloge communale située dans le clocher, « les agrès de cette horloge comprenant transmissions, cadrans, poids, câbles, marteaux de sonneries et autres accessoires, ainsi que la propriété de la cloche ». Et la lettre précisait : « La commune aura le droit de faire sonner la cloche :

1° pour annoncer le passage officiel du Président de la République ;

2° la veille et le jour des fêtes nationales et des fêtes locales ;

3° lorsqu’il sera nécessaire de réunir les habitants pour prévenir ou arrêter quelque accident de nature à exiger leur concours. »

Après l’abandon de ce projet de vente, des paroissiens lancèrent une souscription en vue de la restauration du sanctuaire. Des travaux prévoyaient l’entreposage à l’extérieur de dalles, marches d’escaliers et mosaïques, mais c’est alors que les voûtes s’effondrèrent.

Le 25 mai 1910, l’église fut vendue à cinq familles (quatre de Taingy : Étienne Perreau, Amédée Tallard, Louis Cameau et Marc Loury – et une d’Auxerre : Félix Pierre). Ensemble, elles en refirent la toiture (en ardoises) et les voûtes (en briques), la meublèrent et lui donnèrent une nouvelle sacristie avec l’aide de Mr le chanoine Raffiot qui lança une souscription nationale. Le 15 juin 1913, l’église fut bénite et rendue au culte par Mgr Chesnelong, archevêque de Sens. Elle fut inscrite sur l’inventaire supplémentaire des monuments historiques le 1er mars 1926.

Le 7 février 1927, les cinq familles propriétaires cédèrent le sanctuaire à l’Association diocésaine de Sens qui, à son tour, le revendit le 17 juillet 1987 « moyennant le paiement d’un franc symbolique » à la commune de Taingy. Celle-ci élabora un programme d’entretien de l’édifice.

Entre-temps (1986), fut constituée l’Association des Amis du Patrimoine de Taingy qui se donnait notamment pour but de contribuer à la rénovation de l’église avec la commune nouvellement propriétaire.

Plusieurs tranches de travaux permirent en particulier de refaire la couverture du clocher et de deux travées de la nef en tuile plate bourguignonne traditionnelle. Ces travaux se poursuivirent jusqu’à l’inauguration de l’église restaurée, le 27 mai 1995.

Aujourd’hui, pour l’essentiel, l’église Saint-Martin de Taingy a retrouvé son apparence originelle : une nef aux dimensions imposantes (longueur : 37 m ; largeur : 17 m ; plus grande hauteur : 20 m), une grande luminosité grâce aux fenêtres ogivales qui mettent particulièrement en valeur la pierre blanche immaculée.

On peut y admirer une statue en bois polychrome de saint Roch, restaurée par Mr Delaval grâce à l’Association des Amis du Patrimoine de Taingy . Elle y a retrouvé sa place à la Pentecôte 2006, lors de l’exposition qu’organisent chaque année lors de cette fête les Amis du Patrimoine.

Bénédiction des cloches à Taingy
le 13 juillet 1604

Le treiziesme jour de Juillet1604 ont esté fondue
deux cloches à tingy. l une de deux mille pesant et
lauttre de deux cents ou environ par maître nicolas Lanier ?
et maître jean maro son neveu maitres fondeurs. Lesquelles cloches
ont esté baptisées et benistes le dimanche
dix huitiesme jour dudit moys au comancement de
la grande messe. le parin de la grosse cloche est
Jean septier fils de messire jean septier. les marenes marie
regnault fille de messire pierre regnault juge et chatherine
goubinat fille de jehan goubinat lesné laquelle
fut nommée marie. le parin de la petite est edme
billon fils de hector et les marenes jehanne goubinat
fille de anthoine goubinat et jehanne maillault
fille de loup maillault. Laquelle fut nommée
Marguerite. # par moy vicaire sous signé
# Lesquels parins et marenes ont
dit ne savoir signer

Maillault

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